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 [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume

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Henri d'Estirac
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MessageSujet: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Lun 2 Sep - 22:41

HRP: Avant propos


Ce blog est hébergé comme des milliers d'autres sur le net. Pour respecter les lois caïnites, Henri a camouflé ses écrits en verrouillant son site d'un mot de passe bien facile à trouver lorsqu'on est un vampire: Camarilla.




J'essaierai de faire un article  plus ou moins inutile par jour RP (grosso modo à chaque mois), comme le ferait un blogueur IRL.



Ce blog est celui d'Henri et non celui du joueur derrière Henri. Par exemple si Henri dit: "J'ai croisé Tartempion hier, quel horrible costume vert bouteille! Cela met plus en avant son teint cadavérique que ses yeux émeraude." C'est l'opinion de mon personnage à propos de votre personnage et pas mon opinion personnelle sur vous en tant que joueur (d'ailleurs je ne me permettrai pas).



Comme ce blog est public vos persos peuvent réagir: répondre au messages, menacer Henri en jeu pour avoir écrit des balivernes, le remercier parce qu'il a fait comprendre à votre personnage que les pantalon à pattes d’éléphant en velours côtelé vert bouteille, ça ne se fait plus depuis... En fait, ça ne s'est jamais fait. Bref, toute réaction en jeu ou ici est bienvenue. 


J'espère que vous aurez plaisir à lire ces quelques articles autant que j'en ai à suivre vos RPs. ;)
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Henri d'Estirac
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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Mar 3 Sep - 1:38







Mes chers lecteurs je vous souhaite la bienvenue
Je vais dévoiler devant vous mon âme nue
Mes intimes pensées, mes vers de mirliton
Mes instants de joie, de peine, mes vaines passions
Tout ce qui fait mon esprit sera exposé
Comme un cadavre virtuellement écorché
De tels propos vont effaroucher les curieux
Que l'on veuille bien me pardonner ces mots sérieux
Je suis une rose qui s'épanouit au jardin
Du grand Épicure, ô vous merveilleux ancien
Encore votre héritage survit dans notre histoire
Car les neuf muses ont travaillé à votre gloire
Voilà des siècles que j'attends leur bénédiction
Que je supplie les déesses pour leur protection.
Je pourrais être amer, un poète incompris
Mais je suis trop fier pour laisser passer ma vie.
Je m'enivre des ris d'aimables demoiselles
Qu'importent les filles de Jovis, je courtise les belles
Et si demain la mort vient frapper à ma porte
Je n'aurai ni larme, ni regret quand elle m'emporte
Car à parler honnêtement je suis tel homme
Je n'ai jamais eu honte de croquer dans la pomme
J'ai toujours librement exprimé mes pensées
En ces moments je me transforme tel un rosier
Accordant là une fleur, ici une épine.
Méfiez vous ô lecteurs car déjà je devine
Que certains chercheront une revanche à l'offense.
Cependant je vous dis pour mon humble défense
Que je ne sanctionne que les excès et défauts
De ceux qui par bêtise ou orgueil deviennent sots
Tel Socrate au Parthénon j'use de mon esprit
Ma plume acérée contre ces courtisans qui
Sont si persuadés d'avoir la science infuse
Ma nature à toute pensée unique se refuse
De même elle se révolte face à toute vision
De faute de gout, abjecte abomination.
Hélas pour mes victimes je rends mon jugement
De manière limpide, ironique, brutalement
Quelle que soit ma cible il n'y a point de mots doux
Je m'expose courageusement à son courroux. 
Mais laissons de côté les sots et les fâcheux
Je souhaite que votre visite se passe pour le mieux
Si vous désiriez poser votre commentaire
Je vous encouragerais vivement à le faire
Lecteur je fais le serment de répondre toujours 
Que votre mot soit un long discours ou très court.
Je m'attarde mais je sais à présent qu'il est temps
De déposer ma plume d'écrivain maintenant
Dans l'espoir de rendre aux lecteurs leur liberté
Puissent-ils rire, découvrir, s'amuser, s’exalter!
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Henri d'Estirac
Harpie [Toréador] (PNJ)
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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Jeu 26 Sep - 10:43

Chers lecteurs,

ceux qui ont assisté aux obsèques de feue madame Lou de Boniface se souviennent peut-être de l'élégie que j'ai déclamée lors de cette funeste occasion. Je pourrais discourir longuement en guise de préambule à propos des circonstances ignobles de son décès, mais je crois préférable d'évoquer la femme qu'elle était et qui restera pour longtemps dans nos mémoires.

Puisse son âme avoir trouvé la paix des bienheureux. 





C’en est fait : un cercueil a reçu sous la pierre
L’ornement, l’honneur de la terre
Elle n’est plus, ne vit plus, hélas, que dans nos cœurs,
Et n’a plus ici-bas qu’une tombe et des pleurs.
Elle ne répandra plus dans ses gestes pleins de flamme
Tous les dons du génie et les trésors de l’âme.
Nous ne jouirons plus de l’abandon touchant
Qui de cette âme heureuse était le doux penchant.
A l’attrait de sa confiance,
Nous ne verrons plus son être aimable et attachant,
Mêler sans y penser sa force et sa puissance.
Prières, encens, regrets, vous êtes superflus :
Il est trop vrai, Grand Dieu ! Nous ne la verrons plus !
Dans l’ombre du tombeau les Parques trop cruelles,
Couvrent les dons qu’à pleine mains
Versaient sur elle les dieux et les muses fidèles.
En vain nous chercherons tous ces présents divins,
L’élite même des humains
N’en offrira que des parcelles ;
Et d’inutiles vœux rappellent désormais
Des trésors que le Ciel a repris pour jamais.
Où trouver de sa voix l’accent sublime et tendre ?
Celui qui l’entendit ne doit plus rien entendre.
Non, rien ne nous rendra ce charme ravissant,
De son cœur toujours renaissant
Et toujours prompt à se répandre.
Ce cœur si plein de feu portait le mouvement
Jusque dans les hauteurs d’une raison hardie
Et toujours sa pensée était un sentiment.
Elle fit de la pitié connaître les douceurs
Et sentir le besoin des pleurs
A des cœurs étonnés de se trouver sensibles.
Je crois la voir encore. Dans tous ses mouvements,
La vertu parle, nous inspire,
Et, comme sur ses traits, c’est elle qui respire.
Au charme heureux et pur des plus doux sentiments,
On se plaît à la reconnaître,
Pour la faire adorer elle n’avait qu’à paraître.
Elle eut tous les dons sans mesure.
Sur son front, de sa vie glorieuse et pure,
Brillait la douce majesté,
Et simple dans la dignité,
Elle sut avec un charme, une grâce suprême,
A tout ce qu’on révère unir tout ce qu’on aime.
Mais hélas, elle n’est plus ! En trompant ma douleur,
Pour un moment ces vers ont soulagé mon cœur.
Ses talents, ses vertus, sa bonté, son génie,
C’était elle, toujours elle. Dans mon âme attendrie
J’ai cru la retenir. Ô charmes superflus !

La vérité m’accable et répète : elle n’est plus !


Tenue de ce soir: Costume anthracite, carré de soie blanc, manteau en cachemire
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Henri d'Estirac
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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Jeu 26 Sep - 11:02

Chers lecteurs,

Je vous présente ce qui est pour moi -sans fausse modestie- l'une de mes plus belles pièces. Ma muse, vous le découvrirez rapidement en lisant ces vers, fut la délicieuse Luddmila. Sa véritable nature de Séthite découverte, accusée d'espionnage, celle que j'avais toujours considéré comme de mon Clan était menacée d'une terrible sentence. Malgré toutes ces révélations mon cœur et mon esprit ne pouvaient se résoudre à l'abandonner à une mort certaine. Enfermée dans le cul de basse fosse, gardée par des geôliers surentraînés, pour la délivrer je dus user de tout mon art. J’aiguisais ma plume et je couchais sur le papier mes sentiments. L'âme à nu devant Parménion, je déclare avec sincérité, fiévreusement, parfois jusqu'à la brutalité ma manière de penser.

La légende voudrait que ce poème adressé au Prince ait touché son cœur au point de rendre sa liberté à mon amie. Néanmoins je suis trop âgé pour croire cette jolie fable: d'autres raisons plus politiques ont certainement retenu son geste.





Souffrez, Sire, que j’affronte votre cruel courroux
Car de désespoir je me jette à vos genoux
Vous seul pouvez d’un simple mot sauver la vie
D’une pauvre prisonnière qui dans les geôles frémit
D’apprendre que sa dernière heure est arrivée
Condamnée par verdict de Votre Majesté
 
Comment ose t’il défendre cette odieuse parjure
Qui sur son Clan a jeté l’opprobre et l’injure ?
Que ce poète clame en mauvais alexandrins
A cette Messaline son indéfectible soutien !
Ce malandrin n’a plus toutes ses facultés
Pour écrire une apologie et l’encenser.
 
Je ne puis que m’incliner devant vos raisons
Qui sont de justes et logiques conclusions
Mais je voudrais aux cheminements de l’esprit
Et aux contraintes de la politique de Paris
Opposer les fluctuations sentimentales
Que pourrait engendrer une décision fatale.
 
Elles ne sont pas éloignées mes jeunes années
Où je voyageais découvrant les mille secrets
D’une contrée étrangère, Vienne la magnifique
Pays germain aux enchantements magiques
J’y croisais une jeune femme aussi affable que belle
Jamais je n’y vis le visage de Jézabel.
 
Nous eûmes des heures merveilleusement heureuses
Elle fut drôle, spirituelle, fort gaie et généreuse
Jamais je n’eus à questionner mes sentiments.
Et maintenant qu’elle n’appartient plus à mon Clan
Devrais-je jeter ces beaux souvenirs aux orties ?
Quel faquin je serais, et surtout quel ami !
 
Trop peu d’entre nous ont la chance de choisir
De survivre grâce à la vitae ou mourir
Dites-vous que ce fut certainement le cas
Pour moi comme pour la malheureuse Luddmila.
Eût-ce été vous, quel camp auriez-vous choisi ?
Pour une vie heureuse la prison fut son prix.
 
Aujourd’hui la Rose a perdu ses épines
Et sa tige est couverte d’écailles serpentines
Les chatoyants pétales de la fleur sont tombés
Remplacés par de mortels crochets acérés
De celle qu’à la cour l’on disait la plus belle
Le public ne voit plus qu’une vulgaire criminelle.
 
J’aimerais juste vous rappeler la vérité 
A ceux qui aujourd’hui la trouvent bien changée
Est-elle aujourd’hui différente de naguère ?
Devez-vous l’abandonner ou lui faire la guerre ?
On l’accuse d’intrigues certainement  à raison
Mais qui ici à la cour n’a pas cette passion ?
 
 
L’Etreinte ne vous change pas en Toréador
On le devient par la plume, l’épée ou l’or
Pour moi ce fut une surprise sans précédent
Je la respecte alors pour cet habile truchement.
Par ces vers j’espère avoir touché votre cœur
Pour empêcher que la douce Luddmila ne meure.


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Rozenmilna
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Feuille de personnage
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Réputation: Patiente (+1)
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9/12  (9/12)

MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Jeu 26 Sep - 22:10

Caroylnne Ziesmand
05/03/2011  05h36
Magnifique comme toujours, j'ai toujours apprécié l'art pour ce qu'il était et non son sujet. Vous voilà devenue le plus éloquent des charmeur de serpents.
Je souhaiterais commenter votre poème par une histoire, mais ça ne serait pas faire honneur à votre blog. Je n'ai pas le talent hélas.
Sachez juste qu'en Indochine on raconte la légende de Shekshassa une naga ensorcelante qui a vécu tel une humaine dans un village de pêcheur. Elle et le moine guerrier Yunang tombent amoureux. Les deux triomphes d'une série de péripéties mettant en lumière à chaque fois une de leurs différences.
Mais à la fin, malgré ses intentions Shekshassa empoisonné et tue Yunang.
Car humaine elle voulait-être mais naga elle était, ainsi les dieux l'avaient faite.


A strange game. The only winning move is not to play.
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Henri d'Estirac
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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Sam 28 Sep - 23:09

Chanteclerc
Chère belle inconnue,
Je suis heureux que ma littérature de bas étage vous ait plu. J'espère vous éblouir un peu plus en vous proposant prochainement une autre œuvre de mon cru, peut-être le sujet portera t'il sur les plus hauts sommets des vénérables volcans d'Auvergne, qui sait?

L'histoire que vous me contez est fort intéressante; cela me rappelle une version similaire à propos d'un scorpion et d'une grenouille: le scorpion ayant besoin d'un radeau pour traverser une rivière, il demande aimablement à la grenouille de l'aider. Celle-ci refuse tout d'abord, de peur de se faire piquer. Le scorpion se récrie : "Mais non voyons, je ne suis pas suicidaire!". Elle accepte donc puis il grimpe sur son dos. A milieu des flots cependant, il la pique. Alors qu'elle vit ses derniers instants empoisonnée, elle demande au scorpion qui est en train de se noyer pourquoi il a rompu sa promesse. "Car c'est dans ma nature" expliqua t'il. 

Rassurez-vous, je ne compte point me faire mordre par qui que ce soit. Je n'ai pour cette jolie femme que des sentiments d'amitié, je ne suis pas de ces galants qui perdent la tête et se comportent de manière ridicule.


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Kaoum
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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Dim 29 Sep - 10:43

Max Brisefaux
Laissez moi vous dire mon cher Chanteclerc que je suis un de vos fans les plus inconditionnels.
Votre plaidoirie, de même que votre verve est des plus singulières et des plus agréables à lire ou entendre, tel le chant du coq au matin (référence à votre avatar).
Charmeur de serpent, comme le dit si bien Caroylnne Ziesmand, je me trouves charmé moi même. Malheureusement contrairement à vous les serpents m'inquiètent, leur venins étant parfois lent à agir. Au moins avec les scorpions qui se terrent sous nos pieds on sait à quoi s'en tenir si on s'approche de trop. Il faut remuer les pierres des fondations avec précaution au risque de se faire piquer.

Cordialement Max
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Henri d'Estirac
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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Dim 6 Oct - 0:28

Chanteclerc
... Dit le reptile, cousin de la vipère! 
Je crois chacun dangereux à sa façon. Je le suis avec ma plume, d'autres avec leur venin corrosif, d'autres encore avec leurs richesses ou le pouvoir. Ceux qui par excès de fausse modestie se prétendent inoffensifs sont de fieffés menteurs car derrière leur douce apparence se cache un prédateur. Je vous remercie de vos compliments et j'espère que vous demeurerez mon plus grand fan comme vous le dites aussi longtemps que possible.


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Dernière édition par Henri d'Estirac le Dim 6 Oct - 0:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Dim 6 Oct - 0:35

25/03/2011

Les Fables de la Basse-Cour

Librement inspirées du Roman de Renart, je vous proposerai régulièrement une charmante historiette qui je l’espère saura vous faire sourire. Toute ressemblance avec des personnages ou des événements ayant réellement existés sont bien entendu volontaires et non fortuits. Ce conte a été publié ce jour dans les Chroniques de l'Ombre.



Chapitre Premier : De l’art d’être urbain


Il était une fois une forêt enchantée où les animaux s’étaient réfugiés pour fuir les hommes. Ils y vivaient libres et vaquaient à leurs occupations sous l’autorité du roi des animaux, Noble le Magnifique, qui gouvernait la Basse-Cour. Celle-ci était composée de plusieurs groupes divers qui se regroupaient selon leurs affinités.

Il y avait tout d’abord les Fauves, c’est ainsi qu’on nommait ces grands carnivores qui dirigeaient la forêt. Noble faisait partie de cette horde qui comprenait également des ours et des loups.  Viennent ensuite les créatures magiques comme les salamandres ou les licornes ; les rongeurs et les créatures qui fouissent sous terre ; les oiseaux aux plumages chamarrés et aux chants envoûtants ; les animaux étranges de la nuit, que l’on ne croise que sous la Lune ; ceux de contrées exotiques et dangereuses qui vivent en lisière de la forêt et enfin les premiers habitants de ces bois, les animaux de la forêt dont les cerfs au port noble et altier. Il existe bien évidemment d’autres sortes d’animaux, mais leur exceptionnelle rareté rendrait leur description inutile maintenant ; votre serviteur vous les décrira en temps voulu.

La forêt enchantée était fort dense à son abord ; des sortilèges tissés par des dragons et des licornes la protégeaient des incursions des chasseurs. Au centre de ces bois était une grande clairière où chacun pouvait se rendre afin de porter des doléances au Roi, ou discuter avec d’autres animaux.

C’est en ce lieu qu’un jour l’on vit Goupil, un habitant des bois, en grande conversation avec son puîné le jeune Rovel et le coq Chanteclerc. L’on s’étonnera bien que deux renards échangent quelques mots avec un coq, mais dans une fable tout est permis et puis, avouons-le, la discussion haute en couleurs était des plus intéressantes.
Il advint qu’un grand loup recouvert de poussière se plante au milieu de la clairière et hurle aux résidents d’un ton péremptoire quelque chose de cette façon-ci : « Bonjour ! Je vais vous recevoir en ordre près de la source. »
Vous admettrez que la chose est fort étrange. Ainsi l’ont jugé les trois compères. Qui donc était ce loup peu avenant et s’il avait une fonction quelconque, pourquoi ne s’était-il point présenté convenablement ni toiletté de manière à faire honneur à la charge que le roi  Noble lui a confié ?

Ces manières rustres choquèrent l’assistance. Rovel leur murmura « Mais qui est cet individu ? ». Chanteclerc, jamais à court de bons mots, dit à peu près ceci : « Il me rappelle un ancien camarade de basse-cour, du temps où je résidais à la ferme. Ce loup a les mêmes manières, mais sachez que mon camarade a hélas fini sa vie en coq au vin. ». Goupil, quant à lui, fit quelques remarques subtiles sur les manières et l’hygiène générale de son cousin prédateur « Les usages de la basse-cour ont-ils changé ? Est-il normal de se promener aussi pauvrement toiletté et de hurler ainsi dans la clairière ? »

Le loup, qui aurait pu réfléchir et remettre en cause sa mise et ses manières à ces sages réflexions prouva à tous les limites de son autocritique. Ainsi, les babines retroussées et la bave aux lèvres, il se rua vers les trois amis. « Je suis Ysengrin et le roi Noble m’a nommé gardien de la clairière. Vous qui sentez le purin, fermez-donc votre bec et gardez vos réflexion pour vous! Et sachez, renard, que je n’ai pas besoin d’une jolie queue touffue pour me faire craindre. Et si cela ne vous plait guère, je vais vous corriger en duel. » Là-dessus, il tourna les ergots et s’en fut la démarche raide vers la source.

Un autre Fauve, Brun, l’ours qui était sous un gros saule en train de déguster du miel rugit alors littéralement de rire en se jetant à terre comme un ourson mal élevé, faisant par là même rouler sa ruche dans un fourré, sous le regard effaré – et effrayé pour certains- des témoins. « Oh ! Qu’est-ce que vous leur avez mis, patron ! » Puis de sa démarche chaloupée il suivit son maître.

Cela fit rire Chanteclerc et Goupil. Ils rassurèrent le jeune Rovel qu’Ysengrin avait aboyé comme un vulgaire roquet pour se réfugier bien loin d’un coq et d’un renard sans même attendre leur réaction. Enfin Chanteclerc, pour donner raison au loup malappris à l’odorat subtil, sauta sur son tas de fumier pour claironner gaiement l’aventure à tout vent, qui tomba dans l’oreille de ceux qui voulaient l’entendre.


Ô Ysengrins du monde entier, n’oubliez jamais que si vous voulez être respecté, commencez par respecter les autres car tout faux pas sera remarqué puis rejaillira sur votre carrière et pis encore, sur la réputation de celui à qui vous devez les honneurs. Méditez ceci : qui accorderait du crédit à celui qui n’en mérite point ? Moralité : cultivez vos vertus plutôt que vos défauts car l’amabilité aplanit bien des écueils tandis que l’avanie creuse des fossés insondables.


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Henri d'Estirac
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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Lun 11 Nov - 2:07

Mes chers lecteurs,
 
Les mots me manquent pour qualifier la nuit que nous venons de connaître. La cour de France, mes amis, est tombée bien bas. Les fastes des fêtes royales de Villon sont définitivement enterrés. Le temps du Louvre n’est plus. C’est celui de Parménion et de l’Antichambre, de la plèbe mortelle et de la vulgarité.  J’ignore comment un Prince compagnon d’Alexandre qui connaît tout du luxe et de la beauté ait pu se laisser entraîner dans ce projet qui ne peut que défigurer l’image d’un homme fort et rassembleur. Ce faux-pas est-il seulement du fait de notre enthousiaste Gardien ?

Certains me taxeront de vieillard rétrograde. Certes, mais la modernité n’est pas synonyme de néons crus, de musique tapageuse ni de mortelles haut perchées sur des talons vertigineux à la tenue minimaliste s’enroulant autour de barres de pole-dance telles des entraîneuses. Les siècles ont beau passer, le bon goût ne varie point.  A ceux qui me reprocheront que le bâtiment est une œuvre d’art de monsieur Chams, je leur répondrai ceci : c’est une gageure lancée à l’habitué noctambule de la Côte d’Azur que je suis. Dans ces établissements le personnel y est élégant et poli, l’ambiance est sympathique sans être cacophonique et les clients aux mises erratiques sont filtrés.

Mais revenons à cette terrible soirée où nous sommes sommés de nous munir d’accessoires ridicules bien avant de franchir le cordon de sécurité. Nous sommes contraints de patienter au milieu du troupeau, épaules contre épaules, humant la fumée de cigarettes et le parfum capiteux de demoiselles trop maquillées. Les premières goules passées, vous pénétrez dans une boîte de nuit classique aux effluves d’alcool et de transpiration. Vient le vestiaire puis une grande salle flanquée d’un bar sur un côté, des fauteuils et banquettes de l’autre, une piste de danse et des barres pour les dames exhibant leurs corps ondulant au rythme de la musique techno qui vous agresse les tympans. Au milieu trône un juke-box aussi inesthétique qu’inutile puisqu’un Disc-Jockey anime la soirée. 

Fuyant à tout prix la masse grouillante des proies je dirigeais mes pas vers la cérémonie de commémoration du chevalier Nitthael. Cette antinomie est pour le moins choquante.  A un couloir de distance l’on fête à grand bruit un nouvel Elyseum tandis que cette cérémonie mortuaire était pour le moins confidentielle. Où est le respect de la défunte qui a affronté un Baali avec courage? Sa commémoration n’aurait-elle pas été plus remarquée si l’on eût choisi une nuit différente ? Car qui a envie de prier quand à côté le tout Paris fait la fête ?
Accompagné du primogène Brujah monsieur Romanoff et de mademoiselle von Schwanenburg nous pénétrons dans la salle dite « des arches ». Celle-ci était tendue de draps noirs de telle manière que cela me rappela les obsèques de feue la Sénéchale Boniface. Au milieu de la pièce trônait un plateau d’argent où reposait une seule rose noire dépourvue d’épine. Il n’y avait là personne pour accueillir les nôtres ni quelques objets pour se souvenir d’elle : seulement une cérémonie anonyme dans un décor sinistre. C’est à ce moment que je décidais d’une chose bien importante : chers lecteurs, à l’instant de ma mort je souhaiterais une belle fête où mascarades, danses, jeux et ris illumineront la soirée de mon souvenir : la vie est une fête dont nous devons profiter à chaque moment.

L’ambiance de la soirée devient irréelle lorsque le Gardien (encore lui !) fait son entrée dans le mémorial improvisé. Au lieu de se comporter discrètement comme il se doit,  monsieur Balthazar discute fort avec un colosse –monsieur Brun dont je vous ai parlé un autre jour- puis vient présenter ses respects à monsieur Romanoff, bavardant comme s’il se trouvait au Petit Salon. Je reste pétrifié du respect qu’il affiche pour le recueillement des personnes présentes et à la défunte qui fut une aînée de son clan. Hélas les choses ne s’arrêtent point là car bien que ce ne soit ni le lieu ni le moment, monsieur le Gardien, sûr de lui-même et de son rang profite de l’occasion pour me chercher noise en me mandant mon nom qu’il n’ignore pas, j’en suis sûr. Je lui réponds que je me nomme Henri d’Estirac et lui signifie élégamment que s’il ignore tout de moi, le petit personnel a fait un bien mauvais travail. L’air suffisant, un sourire méprisant aux lèvres, il me répond qu’il n’y a point d’erreur.  Je restai coi, réprimant un rire intérieur tant il était ridicule à jouer les importants et, le pauvre, se donnant en spectacle devant son primogène atterré.
Fort heureusement madame la primogène Ventrue fit son apparition et détourna l’attention du Gardien. Son éloge funèbre à la morte fut si… personnel… que le primogène Brujah intervint. Les mots durs qu’elle prononça laissèrent monsieur Balthazar de marbre dont, rappelons-le, le rôle est de garantir la sécurité et la bonne tenue des Elysea. Le Gardien disparut pour discuter avec mademoiselle von Schwanenburg et j’en profitais pour m’éclipser, redoutant de me retrouver seul à seul avec un homme mesquin qui avait tous les passe-droits en ce lieu.


Je retrouvais le troupeau et la salle principale. C’est là que je croisais mon ami Goupil qui n’avait guère réussi à passer le Styx. Pour ceux qui n’ont pas eu l’honneur de lire les Chroniques de l’Ombre de ce jour, sachez que ce déplaisant personnage qui se surnomme lui-même Charon –très surfait, n’est-il pas ?- a décidé de sanctionner à sa manière très personnelle le passage de chacun d’entre nous vers la zone VIP qui nous est sensément réservée. Or mon cher ami Rousselet portait bien une rose noire en boutonnière mais la manière qu’eut l’employé de lui répondre lui déplut fort. Il fut si impertinent  que mon ami fit demi-tour, refusant d’avancer tant l’insulte du sous-fifre du Gardien était blessante. « A chacun de savoir observer sa place », me dit-il en me relatant cette triste mésaventure et je l’approuvais vigoureusement.

La lecture des Chroniques de cette nuit conforta sans doute ma mauvaise opinion que j’ai de ce physionomiste. Mais à la fin que cherche-t-on à humilier les primogènes  en leur interdisant l’accès aux salles VIP ? Un démon rôde dans la ville et à se comporter ainsi le Primogène se détournera de la politique du Prince. Le primogène Gangrel qui accompagna la défunte vers sa mort ultime, put-il trouver la paix en se recueillant ? N’a-t-on aucun respect pour ceux qui font la Camarilla dans son ensemble pour leur demander de se munir de colifichets dont plus personne n’a l’usage car passés de mode depuis au moins dix ans ? Seigneur ! Tout cela ne peut qu’inciter les nôtres à fuir ce lieu pour se réfugier ailleurs car derrière les sourires de façade et les félicitations hypocrites nombre sont ceux qui sont déjà exaspérés par ces frasques inutiles.

Aujourd’hui en ouvrant le journal mon cœur se serre en lisant l’annonce du Gardien. Sachez, amis lecteurs,  que l’Art de se commande point. Les Muses murmurent à votre oreille selon leur guise et le sujet qui vous touche n’est pas de votre volonté. Quant à écrire, je préfère le faire pour les Enfants de la Nuit qui comprendront plus aisément mes allégories. Quant à la rapidité imposée, je me gausse ! Comment un peintre pourrait-il mélanger sa peinture, peindre différents plans et attendre que sa toile sèche et la livrer à l’Elyseum en quelques heures ? Il en est de même pour la poésie : l’art de la rime et la rythmique sont un travail de longue haleine. Et non, même si j’avais quelque œuvre à proposer, je ne la présenterai pas à un homme qui la veille tenta de m’humilier en public en un lieu qui ne s’y prêtait point. Souffrez, monsieur le Gardien, que je refuse votre invitation. Quant à votre manière de parler aux dames, je la trouve des plus choquantes. Sachez, monsieur, que la bienséance la plus élémentaire interdit d’utiliser le verbe « foutre » devant la gent féminine. Vous n’êtes point un soldat en casernement se vantant de ses conquêtes vénériennes mais le Gardien garant des bonnes mœurs de la cour.

Sire, si vous lisez ces lignes, sachez que je compatis à votre déplaisir. Un homme dans votre position recherche la grandeur mais hélas les circonstances politiques, les deuils et ceux qui vous entourent gâchent votre popularité. Certes, vous pourriez arguer que s’il n’était de coq tel que moi qui galvaude tant de mots déplaisants les choses iraient pour le mieux. Or, sire, je suis le seul ici à avoir la témérité de vous parler honnêtement face à face, mais non d’égal à égal.  Je vous souhaite autant de réussite qu’en eut le prince Villon en son temps, mais Sire, n’oubliez pas d’écouter les vieux radoteurs qui disent tout haut ce que tant pensent tout bas et de rester sourd aux flagorneurs qui voudraient vous abuser.


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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Lun 11 Nov - 4:45

Carolynne Ziesmand
(Désoler d'avoir créer un deuxième log pour votre blog, mais j'avais fait une faute a mon pseudo et je n'ai pas trouver comment le changer)

Tout d'abord merci de m'avoir épargné. Mes mots avaient pour but de témoigner de la réalité froide et cruelle dans laquelle nous sommes allé et dont Nitthael en fut faucher par les conséquences. Je regrette qu'on ne retienne de mon éloge uniquement la fameuse phrase lourde, et le non le passage sur les épines ou la phrase épilogue.
Mais une erreur est une erreur et j'ai est commis une grave ce soir-là.

Une fois de plus acceptez donc que je prenne un petit coin de votre espace numérique afin de raconter une histoire ? je crains de devoir m'excuser encore à l'avance pour la piètre qualité de ma plume, mon répertoire étant composé de conte transmis oralement et je fais une bien mauvaise barde.

Il existait aux frontières entre la chine et le siam un salon de thé dont on marché des jours entiers pour le visiter. Yunang, un ancien moine guerrier en était le vénérable maître et tout le monde le respecter.
Tsing-yi,honorable garde de la porte nord du village, discuter souvent avec le vénérable Yunang, Le jeune garde répété encore et encore que Yunang avait bien de la chance car offrande et courtoisie lui était dû par les gens du village.
Un jour, las d'entendre cela, le vénérable dit ceci à Tsing-yi

"Soit pour trois jours moi, pour trois jours je serait toi"

Et pour trois jours le garde fut le maître du salon. Le premier jour il surprit une discussion, les clients n'avaient que Yunang aux lèvres, et une courtisane en particulier vanta la qualité vestimentaire des clients faisant le charme d'établissements. Alors Tsing-yi ordonna :

"Nous ne servirons plus que nos frères portants des tunique de xi'an et nos tantes portant des peignes en jade."

Tsing-yi, qui pourtant jusqu'alors n'avait bu le thé qu'entre ce mur vêtu de sa tunique verte d'épéiste, monté d'un cran l'échelle de l’excellence. le deuxième soir la courtisane vanta la qualité des services en céramique de l'établissement. alors Tsing-yi ordonna :

"Nous ne servirons que nos frères dans des tasses blanche de Shandong et nos tantes dans des tasses vertes de Foshan.*

Les servants de la maison s’employèrent à accomplir le miracle de faire parvenir les tasses des chez des artisans si éloignés, et peu avant l'ouverture du troisième soir les services à thé étaient là. Mais pas les clients. Tsing-yi guéter, se questionner, pour en venir à maudire tous les habitants de la cité qui l'avait abandonné et qu'il jugea à présents infâmes. Enfin venue la courtisane, et une fois de plus le garde l'épiait. Le troisième soir, c'est l'affabilité des gardes de la porte nord que la courtisane vanta.

Tsing-yi n'était plus que colère.

"Oh pourquoi Yunang récolte la paix, et pourquoi je récolte l'amertume ?" 

Yunang s'approcha

"Il ne s'agit pas d'exigence, mais de respect, il ne s'agit pas d’artisanat mais de quiétude"

Yunang lui expliqua qu'il prêtait volontiers tunique aux voyageurs éreintés, car il n'est non pas question de grandeur mais d'harmonie.
Yunang lui expliqua que ce n'était pas la qualité de fabrication, mais de l'histoire de chacun, au travers l'art de la céramique
Yunang lui expliqua en lui montrant les voyageurs qui faisait le tour pour passer par le nord, que ce n'est pas le salon qui lui apportait offrande et courtoisie. mais l'homme qu'il avait choisi d'être.

Et pour finir Yunang lui expliqua que cette échange n'était point jeu cruel, mais une leçon amicale car en premier lieu, Tsing-yi voulu bien faire.


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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Lun 11 Nov - 11:21

Max Brisefaux

Cher Chanteclerc, chère Ziesmand,

Vos deux histoires me sembles des plus belles à lire. Mais je me demandes qui donc acceptera de jouer le rôle de Yunan ? Car plus la sagesse il faudra faire un usage certain de patience et d'attention pour transformer notre Gardien en homme de cours.
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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Mar 12 Nov - 0:40

Monsieur Brisefaux je crois que le Gardien devrait méditer le conte de Madame Ziesmand. Je puis également recommander à Charon et notre ami précédemment cité de relire deux fables de La Fontaine fort à propos.

La Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf,
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur ;
Disant : Regardez bien, ma sœur,
Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ?
Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ?
Vous n’en approchez point. La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ;
Tout petit Prince a des Ambassadeurs :
Tout Marquis veut avoir des Pages.


Les deux mulets


Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé :
L’autre portant l’argent de la Gabelle.
Celui-ci glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein, et l’arrête.
Le Mulet en se défendant,
Se sent percer de coups, il gémit, il soupire.
Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit, du danger se retire,
Et moi j’y tombe, et je péris.
Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi.
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade.

Jean de la Fontaine


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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Jeu 19 Déc - 0:47

Le cirque du physionomiste
 
Les deux sujets n’ont rien à voir ensemble, et pourtant…

Mes chers amis, je vous parlais hier de cet individu au pseudonyme douteux qui espérait incarner un personnage sinistre le la mythologie grecque conduisant les mânes jusqu’à leur lieu de repos éternel.

Alors que la veille il a été discourtois sans raison aucune auprès d’un grand nombre de personnes, cette créature continue à refuser l’entrée à ceux munis pourtant d'un sésame menant au paradis hellène. Par deux fois, Madame von Schwanenburg, moi-même et monsieur Rousselet avons connu des difficultés afin de pénétrer dans l’Elyseum. De là à penser que ce physionomiste à la petite semaine a reçu des ordres pour nous restreindre l’entrée il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas. Cependant les choses se répètent nuit après nuit et je ne puis que m’interroger.

Ne trouvant aucun argument valable pour nous interdire l’entrée,  monsieur Charon nous a fait preuve de sa mauvaise foi par une démonstration publique de prestidigitation qui trouverait un public enthousiaste auprès des bambins mais certainement point sous les yeux médusés des primogènes Brujah et Ventrue, de monsieur Le Forestier ainsi que des trois personnes de qualité cités plus haut.

Outre le fait de se ridiculiser aux yeux de tous, il advient que ces coups d’arrêt intempestifs compromettent gravement les affaires du Prince. En effet, certains d’entre nous auraient des choses importantes à communiquer à Sa Majesté, mais comment l’avertir des dangers qui menacent sa Cour si nous ne pouvons les lui soumettre ?

Si monsieur le passeur n’est guère ravi de son emploi au point qu’il malmène tout à chacun, puisse - t’il se trouver un autre emploi (trapéziste peut-être ?) plus en adéquation avec ses aspirations. Nous pourrions à la place de son guichet installer une machine à clefs magnétiques assorti d'un clavier numérique pour y entrer un code, comme il s’en trouve partout des banques aux chambres d’hôtel, ainsi tous seront heureux.


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MessageSujet: Re: [Blog - Henri d'Estirac] La Vive Plume   Dim 19 Jan - 0:16

Mes chers lecteurs,

A l’heure où j’écris ces lignes, mon cœur est à la fois lourd de tristesse mais empli d’allégresse. Je ne puis m’empêcher de pressentir les deuils à venir et pourtant je suis heureux à ce que, tous unis malgré nos désaccords, nous aurons vaincu le Mal qui ronge notre brillante société.

Certains esprits étroits voudront voir en moi un coq de basse-cour caquetant à tort et à travers ou un prophète de malheur entraînant les pires calamités par ses prédictions. Je ne me prétends pas Cassandre ; je n’ai nul don de double vue. Mais la Harpie n’a nul besoin d’être Pythie pour deviner une issue victorieuse au combat qui se prépare.

Ces sceptiques sont-ils sourds et aveugles ? Leur pessimisme sclérose l’enthousiasme naturel de leurs confrères. Je ne puis que m’élever devant tant de défaitisme ! Je refuse d’être une victime attendant avec angoisse l’heure de sa mort ! Je suis né soldat et gentilhomme ; la Providence permit ma renaissance dans une illustre maison. Mon rang et mon ascendance m’interdisent la fuite ; je serai là, sur le champ de bataille, fidèle à mon sang, mon lignage, mon Clan, la Camarilla et à ma vision du monde.

Il n’est pas ici question de fierté. Bien au contraire, c’est l’humilité qui pousse le quidam à risquer sa vie pour la sauvegarde de la Praxis. Nos lois et nos Princes nous protègent ; en quoi serait-ce anormal que nous brandissions les armes pour les sauver ? Quels que soient nos Clans et nos capacités personnelles, nous faisons partie d’une même mère patrie qui a su nous réunir. Elevons-nous contre le Mal et rendons gorge à ces assassins qui nous ont volé nos Frères. Levez-vous, rejoignez Sa Majesté Parmenion, car cette nuit nous leur rendrons justice!

Quant aux stratèges de pacotille qui critiquent les plans  du Prince, permettez-moi de me gausser. Combien de batailles a-t-il mené au fil des siècles ? Ses adversaires ne sont plus là pour en témoigner : il les a tous terrassés. Quant à trouver ni queue ni tête à sa stratégie, je vous renvoie, messieurs-dames les sceptiques, à la sagesse du vénérable Sun Tzu. Méditez longuement sur ces enseignement, vous y trouverez indubitablement l’illumination.

« Le général représente la sagesse, la sincérité, le courage et la rigueur. »

« Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer cent batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles. »

« Une armée victorieuse l’est avant même de livrer bataille. Une armée vaincue se lance d’abord dans la bataille et ensuite recherche la victoire. »

« Celui qui pousse l’ennemi à se déplacer, en lui faisant miroiter une opportunité s’assure la supériorité. »

« Ainsi, le bon stratège contraint l’ennemi et ne se laisse pas contraindre par lui. »

« Ainsi, une règle essentielle de la stratégie consiste à: Se préparer à déjouer une attaque, au lieu d’espérer qu’elle ne se produise pas. »


Et à ceux que je n'aurais pas encore réussi à convaincre de la bonne cause de cette opération, je n'ai qu'une chose à leur dire: messieurs les fâcheux, fuyez. La Cour de Paris ne mérite pas de lâches et d'incapables, car comme dit le philosophe chinois:

« Celui qui n'a pas d'objectifs ne risque pas de les atteindre.»

 
 


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